canet en roussillon
LES FILMS DE CANETOILES

dans le cadre "un week-end" avec...

Le WESTERN : Le mythe américain au cinéma

Réserver un "Week­end avec" au Western nous a semblé naturel à double titre.
En premier lieu, c'est un genre éminemment populaire, qui s'identifie au cinéma d'aventure, d'épopée, c'est un spectacle ayant pour cadre les Etats Unis d'Amérique à 1'époque des pionniers, qui accompagne et nourrit 1'histoire du cinéma depuis ses origines. Ensuite, nous avons pensé que la vision d'un seul film ne permet qu'une analyse trop hative et par là-même erronée. Bien que 3 films soient insuffisants pour une exploration significative du genre, nous essaierons de dormer une approche tres schématique du western avec une classification en trois grandes périodes, à datation nécessairement floue, illustrée chacune par un film et un réalisateur.
Le Western plonge ses racines dans une société donnée. II n'est pas possible de le comprendre sans références précises au milieu culturel dont il est issu. Récit de la guerre et de la mise en place d'une civilisation: la civilisation américaine. II repose sur les notions de frontière, de conquête, d'aventure, de liberté, de justice, de loi. II exalte la grandeur de "l'Américanéité".
La naissance, le développement et la pérennité du Western se fondent sur les variations de ces notions fondamentales. Ce n'est pas un genre figé, il est 1'expression de rêves impossibles, de tentatives avortées, d'espoirs déçus. II faut chercher un équivalent dans les poèmes homériques ou dans les chansons de geste. C'est le récit mythique que se donne un peuple de son histoire. Quand 1'histoire se heurte à la légende, on choisit la légende.
Le Western parle done des problèmes historiques réels en termes indirects, allusifs, jamais de manière immédiate. II le fait toujours par le detour d'un code. C'est à ce décodage que nous nous attacherons à travers 3 époques du cinéma, 3 réalisateurs, 3 films.
L'histoire des Etats Unis d'Amérique se confond avec la conquête progressive d'une terre soi-disant vierge ; le cinéma a travers le Western nous la raconte à sa façon.
On peut grossièrement distinguer 3 périodes cinématographiques :
• la première qui va du cinéma des origines (1903) à la fin de la 2ème guerre mondiale (1945-1950), couvre la conquête de la terre d'Est en Ouest, le peuplement, la mise en culture, la création des communautés. Persuadé de son bon droit, on exalte sans retenue les valeurs fondatrices de la sociéte américaine. On ne se pose pas de questions.
Pour illustrer cette période, nous avons choisi John FORD et "LA POURSUITE INFERNALE" (1946).
• la seconde, de 1950 environ à 1965, commence à tenir compte des effets de 1'intrusion du monde moderne qui élimine 1'esprit pionnier et suscite d'autres comportements; la pureté originelle se fissure, apparaissent les premières remises en question. Anthony MANN et "L'HOMME DE L'OUEST" nous serviront d'exemple.
• Enfin, après 1965, la troisième période voit le Western subir deux évolutions:
- soit il remet en question de façon radicale toutes les valeurs véhiculees par les films antérieurs (Little Big Man, Danse avec les Loups)
- soit il entre au musée, se fige dans une représentation symbolique et théatrale, met en place des archétypes caricaturaux qui dénoncent la fausse ingénuité du Western en magnifiant le mythe sur lequel il repose. C'est dans ce cadre que nous insérons le film de Clint EASTWOOD "PALE RIDER" (1985).
Pierre MAJEAU

REALISATEURS (liste très restrictive)
J. FORD, A. MANN, H. HAWKS, R. WALSH, J. STURGES, H. HATHAWAY, D. DAVES, N. RAY, F. LANG, K. VIDOR, S. LEONE

FILMOGRAPHIE DES GRANDS WESTERNS
1er Western (1903) : The great train robbery (l'attaque du grand rapide) E. PORTER
1ère période : Iron horse, La chevauchée fantastique, Sur la piste des Mohawks (J. FORD, 1924, 1938, 1939), Pacific express (C.B. de MILLE, 1938), La piste des géants (WALSH, 1930), Red river (HAWKS, 1948)
2ème période : L'homme qui tua Liberty Valance, Les cavaliers, Les Cheyennes (J. FORD, 1961, 1959, 1964), L'appat, L'homme de la plaine, Les affameurs, Cimarron, (A. MANN, 1952, 1954, 1951, 1960), Le train sifflera trois fois (F. ZINNEMANN, 1952), Dernier train pour Gun Hill (J. STURGES, 1959)
3ème période : Le bon, la brute et le truan, Il était une fois dans l'ouest, Mon nom est personne (S. LEONE, 1966, 1968, 1974), Little big man (A. PENN), Danse avec les loups (K. COSTNER, 1991)


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