canet en roussillon
LES FILMS DE CANETOILES

dans le cadre "les WEEK-END de canétoiles"...

... rencontre avec Jacques DERAY

Jacques DERAY, le Solitaire

Quel meilleur prolongement de la séquence de janvier sur le "film noir" français que la projection de trois films majeurs extraits de l’oeuvre de celui qui apparaît comme le spécialiste de ses avatars (films policiers, de gangsters, d’espionnage ou "thrillers"), Jacques DERAY ?
Et quel plus grand bonheur pour CANETOILES que d’ac­cueillir leur réalisateur qui, répondant à notre invitation, vient, en personne, nous les présenter - avant d’en débattre avec le public?
De Jacques DERAY l’un des "maîtres" du genre "criminel" en France, et de ses qualités, par lesquelles il a vite rejoint et dépassé les plus belles réussites américaines, tout a été dit: la pertinence des intrigues et des dialogues (écrits par lui-même ou par les plus grands scénaristes), l’habileté du découpage et de la gradation, le sens du rythme et du suspense (soutenus par la musique des compositeurs les plus réputés), la perfection technique (apprise auprès des Grangier, Buñuel et Dassin), la maîtrise dans la direction des acteurs (il fut l’un d’eux, formé par R. Simon, avant de s’adjoindre les plus prestigieux !), l’objectivité du regard porté sur les individus et les milieux sociaux. Unanimes, confrères et critiques, dès Rififi à Tokyo, le reconnurent comme "un irréprochable professionnel", dont le succès auprès du public - surtout à partir de La piscine et de Borsalino - fut définitivement acquis.
Et pourtant, - sans évoquer d’autres facettes du talent de J. DERAY, du Gigolo à Les bois noirs, d’Un peu de soleil dans l’eau froide à On ne meurt que deux fois - il semble que le genre "criminel" lui-même, auquel on le limite trop volontiers, ne soit le plus souvent qu’un support à d’autres propos plus subtils : dans ses scénarios de mort (où l’on tue, où l’on s’entretue, où l’on meurt), la solitude du héros est intégrée dans un monde de personnages et d’actions qui lui paraissent régis par l’injustice et par l’absurdité du hasard, souvent dans une ville ou un lieu clos aussi incompréhensibles et hostiles que la Fatalité ; justicier manipulé par d’obscures forces plus qu’acteur volontaire de sa vie, ce quêteur d’Absolu, perplexe, en "marge" d’une société décadente, donne - ou plus encore reçoit - la mort sans en avoir compris les causes (venue parfois de tueurs à sa poursuite qui ne sont que la métaphore du Destin !)
. Dès lors, l’univers de J. DERAY ressortit à la tragédie grecque par ses implications et par sa structure, tout autant que, par la fascination pour les "marginaux", réfléchis ou instinc­tifs, il relève de ceux de Stendhal ou de Dostoievski. De "policiers", ses films deviennent "fables" métaphysiques sur l’humaine et tragique condition et de réalisateur d’un genre restreint qu’il dépasse, J. DERAY se fait aussi messager d’une conception de la vie et de la société, unique et "solitaire" dans le cinéma français !
C’est ce "solitaire" qui sera à Canet, les 27 et 28 Avril. Pour la qualité rare d’une oeuvre variée - mais peut être, dans sa profondeur, univoque -, bravo, M. Jacques DERAY !
Et pour l’honneur et le plaisir que vous nous faites d’être des nôtres, merci
Maurice TOURNÉ
Président de Canétoiles

sa FILMOGRAPHIE
1) Films LONGS METRAGES : [GIGOLO (1960), RIFIFI A TOKYO (1961), SYMPHONIE POUR UN MASSACRE (1963), PAR UN BEAU MATIN D’ETE (1964), L’HOMME DE MARRAKECH (1965), AVEC LA PEAU DES AUTRES (1966), LA PISCINE (1968), BORSALINO (1969), UN PEU DE SOLEIL DANS L’EAU FROIDE (1971), DOUCEMENT LES BASSES (1971), UN HOMME EST MORT (1972), BORSALINO AND CO (1974), FLIC STORY (1975), LE GANG (1976), UN PAPILLON SUR L’EPAULE (1978), TROIS HOMMES A ABATTRE (1980), LE MARGINAL (1982), ON NE MEURT QUE DEUX FOIS (1984), LE SOLITAIRE (1986), MALADIE D’AMOUR (1987), LES BOIS NOIRS (1989), NETCHAIEV EST DE RETOUR (1990), UN CRIME (1993), L’OURS EN PELUCHE (1995),
2) Films TELEVISION : LES SECRETS DE LA PRINCESSE DE CADIGNAN (1981), CREDO (1983), UNE FEMME EXPLOSIVE (1995), CLARISSA (1997), LETTRE D’UNE INCONNUE (2001).

ses SCENARISTES-DIALOGUISTES et ses AUTEURS
J.C. CARRIERE, P. JARDIN, M. AUDIARD, T. GUERRA, C. SAUTET, J.GIOVANNI... J.H. CHASE, F. SAGAN, R. BORNICHE, G. SIMENON, J. SEMPRUN...

ses COMPOSITEURS
C. BOLLING, M. LEGRAND, M. MAGNE, E. MORRICONE...

ses ACTRICES
C. AUGER, L. BETTI, J. BIRKIN, N. CALFAN, G. CHAPLIN, B. DALLE, S. DAUMIER, E. DEPARDIEU, N. DELON, A. DICKINSON, N. GARCIA, N. KINSKI, A. MARGRET, M. MERCIER, MIOU-MIOU, G. PAGE, C. RAMPLING, P. ROBERTS, M. ROBINSON, C. ROUVEL, R. SCHNEIDER, A. VALLI, R. VARTE...

ses ACTEURS
J.H. ANGLADE, M. AUCLAIR, J.P. BACRI, J.P. BELMONDO, J. BOUISE, M. BOUQUET, J.C. BRIALY, J. CHEVRIER, P. CRAUCHET, G. DARMON, J.P. DARRAS, C. DAUPHIN, A. DELON, M. DUCHAUSSOY, P. DUX, B. FRESSON, V. LINDON, P. MEURISSE, Y. MONTAND, M. PICCOLI, J. ROCHEFORT, M. RONET, R. SALVATORI, R. SCHEIDER, M. SERRAULT, J. SERVAIS, J.L. TRINTIGNANT, C. VANEL, L. VENTURA...

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